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Fatiguée, brisée, exténuée, madame Rosa entre en scène. On dit que la vie n'est pas rose,
mais celle d'une ancienne prostituée reconvertie en baby-sitter de fils de putes est parsemée d'éclats de verre coupants comme des rasoirs : ces éclats s'appellent la peur, le souvenir, la maladie. Et chaque pas se charge de lui rappeler, à cet ange qui se prend les pieds dans ses ailes, qu'elle n'est pas encore au ciel.
Myriam Boyer a un don. Intime, dérangeant, mais il est bien là : celui d'incarner à la perfection tout le malheur des opprimés et des exclus. Elle qui regrette ne jamais avoir joué de reine en est une, à sa façon, claudicante, atypique, sublime. |